Posted: 20/05/2006 22:05:41 Post subject: De la liberté religieuse et de conviction en France
Voici le rapport communiqué au 08.03.2006 au Conseil Economique et Social de l'ONU par Asma Jahangir, rapporteuse spéciale sur la liberté de religion et de conviction auprès de la Commission des Droits de l'Homme--Additif relatif à sa mission en France (18-29 septembre 2005).
Posted: 22/07/2006 21:30:13 Post subject: De la liberté religieuse et de conviction en France
Ce sujet semble devenir de plus en plus problématique si on considère les relations entre la politique mise en oeuvre dans et par la République Française sur le sujet et la position de l'ensemble de la communauté universitaire.
Suite à la publication du rapport Guyard en 1996 (Assemblée nationale, Rapport fait au nom de la commission denquête sur les sectes (document n°2468), Massimo Introvigne pointait déjà cette question du doigt:
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Labsence totale dhistoriens des religions, de sociologues et dethnologues est particulièrement étonnante. Aucun professeur duniversité en ces matières na été entendu par la commission : cest stupéfiant, en France où des chercheurs comme Émile Poulat pour lhistoire des religions, Antoine Faivre pour lésotérisme, Jean Baubérot pour la sociologie des mouvements religieux (je me limite à ces quelques noms, mexcusant pour le tort causé à dautres savants), auraient sans aucun doute pu fournir des informations utiles et éviter à la commission quelques-unes des erreurs les plus frappantes dans lesquelles elle est tombée.
[...]
Une fois le rapport publié, les associations anti-sectes [...]ont compris quune critique pourrait venir de la part des spécialistes universitaires. Par une étrange coïncidence de temps avec la publication du rapport ou plutôt quelques semaines avant il a été diffusé un numéro du bulletin Bulles, organe de lUNADFI, qui contient un article surprenant (et anonyme) qui a pour titre « Étrange entreprise de révisionnisme ». Cet article définit comme « révisionniste » les chercheurs universitaires qui nient les horreurs des « sectes », suggérant une odieuse comparaison avec le « révisionnisme » qui nie la réalité de lholocauste ou qui manifeste des sympathies néo-nazies (ce qui constitue un délit puni par la loi en France).
Près de dix ans plus tard, sous la présidence de Mr Langlais, la seule institution de la République affecté sur la question des "sectes" semblait avoir mis un peu d'eau dans son vin; on pouvait compter une (mais une seule) universitaire de l'EHESS, Nathalie Luca. La tendance était à l'apaisement des débats et à une orientation sur une perspective plus sérieuse sur la question des "sectes". Mais le remplacement de Jean-Louis Langlais par Jean-Michel Roulet et l'arrivée dans l'ancienne juge d'instruction Catherine Katz au poste de Secrétaire générale de la MIVILUDES changea vite la donne.
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Durcissement à la mission de lutte contre les dérives sectaires
LE MONDE | 19.12.05 | 13h44
Nathalie Luca a quitté le conseil d'orientation de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Spécialiste des sectes, chargée de recherche au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris, elle explique dans sa lettre de démission, datée du 16 novembre, qu'elle refuse d'être liée "à un prévisible durcissement de la position de la Miviludes".
Nathalie Luca a reçu le soutien de Danièle Hervieu-Léger, présidente de l'EHESS. Un accord de coopération entre la Miviludes et l'école a été suspendu.
La politique du nouveau président de la mission est mise en cause. Ancien secrétaire général de la Commission consultative du secret de la défense nationale, Jean-Michel Roulet a pris la succession de Jean Langlais, le 1er octobre. Ce dernier avait accompagné la transformation de l'ancienne Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Miviludes, l'accent étant mis désormais sur les "dérives sectaires". Ce changement marquait une volonté de rupture avec la logique consistant à dresser des listes de sectes, qui avait prévalu dans le rapport parlementaire de 1995.
Dans sa lettre au président de la Miviludes, Mme Luca constate que "le président Langlais avait réussi, par sa tempérance, à restaurer le dialogue et le débat nécessaires à la gestion équilibrée mais efficace de ces questions délicates, suscitant trop souvent passion et excès. Il était également parvenu à mieux faire comprendre, à l'étranger, la position française".
De fait, la gestion du phénomène sectaire par le gouvernement français est régulièrement épinglée dans les enceintes internationales comme portant atteinte aux libertés. Or, la rapporteuse spéciale sur la liberté religieuse de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, Asma Jahangir, en visite en France en septembre, s'était félicitée de l'approche "plus équilibrée" mise en oeuvre par la Miviludes (Le Monde du 30 septembre).
Nathalie Luca était la seule universitaire spécialiste des nouveaux mouvements religieux au sein du conseil d'orientation de la Miviludes. Son départ renforce le poids des autres membres du conseil, en particulier des députés Jean-Pierre Brard (app. communiste) et Georges Fenech (UMP), et des représentants des associations de défense des victimes (Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu, Centre contre les manipulations mentales).
Jean-Michel Roulet admet un infléchissement de la politique de la Miviludes. "La Miviludes n'est pas un laboratoire de recherche, insiste-t-il. Il y a eu des dérives au cours des six derniers mois. Les parlementaires se plaignaient, les associations de défense des victimes aussi. La Miviludes va faire à nouveau son travail. Elle va remplir l'ensemble des missions que le décret de création lui a assignées."
Xavier Ternisien
Il y a peu, un spécialiste du protestantisme évangélique, Sébastien Fath, a été sollicité pour siéger au sein du nouveau conseil d'orientation de la MIVILUDES. Mais apparemment, Mr Fath s'est aperçu tout récemment que "L'Etat sous-utilise les chercheurs spécialistes du religieux. Avec la MIVILUDES, c'est malheureusement le cas actuellement. Après une phase d'amélioration des rapports, les choses se sont déteriorées au point qu'à l'heure actuelle, si un chercheur en sciences sociales des religions acceptait un poste au conseil d'orientation de la MIVILUDES, ce serait essentiellement pour servir de caution isolée."
Un autre cas semble témoigner du même obscurantisme de la part de nos responsables, tout récent lui aussi. En date du 11 mai 2006, deux spécialistes des rapports entre la culture métal, la culture "gothic" et la culture sataniste, doctorants à la Sorbonne, signalaient avoir remis une compilation de six études sur l'objet de leur spécialité à la MIVILUDES:
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Les faits : Nous avons effectué un stage de 3 mois à la Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilence et de Lutte Contre les Dérives Sectaires) d'octobre 2005 à janvier 2006 dans lequel nous avons rédigé ces 6 notes qui étaient destinées à être publiées dans le Rapport 2005 de la Miviludes et donc remises au Premier Ministre. Le rapport est sorti en avril 2006 et n'incorpore pas nos notes. Il ne traite pas de ces sujets alors qu'il le faisait largement l'année passée. Plutôt que la publication de ces notes scientifiques, la Miviludes a choisi de nommer comme expert sur le satanisme, Jacky Cordonnier, conférencier sur le satanisme dans les collèges et lycées
Il se passe vraiment un phénomène curieux, dont j'ai fais moi-même l'expérience auprès de la même mission interministérielle; il y a à l'évidence une dénégation des travaux universitaires sur la question du terrain religieux en France; mais la chose va encore plus loin si on considère l'article intitulé "Intellectuels et notables cautions des groupes sectaires" de la Bulle n°88 du site de l'UNADFI. Cet article enfumé et peu rigoureux manifeste une véritable volonté de décrédibiliser la communauté universitaire. Sur ce point, en dix ans, la mouvance anti-secte n'a manifestement pas évolué. Que ce déni persiste et s'endurcisse au sein des institutions de la République est pour le moins inquiétant. Les réactions de Sébastien Fath et Nathalie Luca sont aisément compréhensibles; mais ce phénomène, mis en paralèlle avec le rapport de l'ONU posté ci-dessus, semble bien confirmer un obscurantisme voulu dans la politique qui est mise en oeuvre sur la question de la religiosité en France.
Email adressé à la MIVILUDES le 4 juillet 2006 à 22h05
Mesdames, Messieurs,
Par la présente, je souhaite vous communiquer ma très vive consternation et mon sentiment d'indignation profond quant au contenu de votre rapport 2005, à propos de la Soka Gakkai.
Ma femme Monique TEDESCHI et moi-même, nous sommes connus dans la Soka Gakkai et nous sommes mariés civilement devant monsieur le maire, en pleine conscience de nos droits et devoirs de citoyens et aussi en toute légalité.
Nous nous préoccupons de nos enfants comme tous bons parents qui se respectent et qui sont soucieux de leur éducation non-violente, de leur santé physique, affective, psychologique, de satisfaire leurs besoins pour qu'ils deviennent des êtres humains autonomes, libres et conscients des valeurs de la démocratie, de la laïcité et de la République Française...
Nos enfants sont heureux, équilibrés et en pleine santé, ils sont aussi vaccinés, nous avons un médecin traitant, nous ne cherchons pas à les obliger à suivre notre foi bouddhique, ils se feront leur opinion par eux-mêmes lorsqu'ils seront en âge de le faire.
La notion de KOSEN RUFU telle que vous la dévoyez à votre besoin manifeste d'en faire un nouveau "phénomène sectaire", relève au minimum d'un manque déplorable d'esprit de recherche quant à la signification réelle de ce terme, au pire d'un mensonge destiné à montrer encore du doigt la Soka Gakkai pour la rendre "sectaire". Cela ressemble tellement aux pratiques douteuses de la lutte anti-sectes ou phénomènes sectaires, largement dénoncées sur les sites du CICNS et de CAP-LC.
De plus, vous faites dire son contraire à ce que dit Daisaku IKEDA, quant au respect infini de la vie de tous et en particulier celle des enfants qu'il préconise, du fait que c'est très certainement son coeur d'une part et, de l'autre, que c'est la philosophie bouddhique même qui l'enseigne.
Nous pouvons le prouver très facilement avec toutes les documentations, livres et revues bouddhiques en notre possession.
Je pense que les intentions de la MIVILUDES à l'égard de notre mouvement bouddhique pacifiste, et que les gens qui la dirigent, poursuivent une politique de discrimination qui leur est dictée par des intérêts politiciens obscurantistes dangereux pour la démocratie. Les sites internet CAP-LC et CICNS sont très bien documentés et argumentés à ce sujet.
Je pense aussi que le nombre phénoménal de citoyens français et d'émigrés qui ont été jetés en pâture à la précarité et dans la misère avec les politiques gouvernementales les plus éloignées qui soient des besoins réels du peuple, de la dignité de l'être humain, du respect de ses droits fondamentaux et aussi du respect de l'environnement ferait "pâlir d'envie et de jalousie" le pire des gourous sectaires qui puissent exister !
Ma femme, Madame Monique TEDESCHI, est Docteur en Science Politique. Sa thèse de doctorat qui porte sur les Islams transnationaux et étatiques lui a valu une mention "très honorable". Son esprit humaniste et pacifique, est tolérant à l'égard du respect des différences, tout particulièrement en matière de religion. Il n'a rien à envier à ceux de nos dirigeants politiques qui nous font littéralement conspuer et haïr, notamment sur l'internet, par de véritables charlatans de la lutte contre les phénomènes sectaires qui se font les relais méprisants, diffamants et menteurs de la politique de la dévalorisation et de la haine des différences contre les nouveaux mouvements religieux, qui servent de souffre douleur et de boucs émissaires à des politiques violentes.
Je tiens à ce sujet à noter ce que disait récemment le porte parole du gouvernement lui-même (Monsieur Jean-François COPE) dans l'émission de Madame Mireille DUMAS, "Vie Privée-Vie Publique" , je le cite : "La politique est certainement l'un des mondes les plus violents que j'ai rencontré".
Pour ma part, je suis formé aux Métiers de l'Accompagnement Professionnel au Centre d'Etudes Supérieures Industrielles, CESI Méditerranée. Il s'agit d'accompagnement des changements des personnes et des structures, ce qui n'a rien à voir avec la violence mais avec l'humanisme, l'empathie, l'écoute, le respect de soi et des autres...
Nos formations professionnelles respectives à mon épouse et moi-même, nos expériences de vie, la qualité de nos relations, la conscience que nous avons de nous-même et de notre dignité ne nous permet pas de nous laisser traiter comme des "sous-êtres éternellements bafoués dans leur mariage", par une politique discriminante des minorités aussi débilitante, cruelle, qu'absconse, quand il s'agit de torturer psychologiquement les membres de nouveaux mouvements religieux comme la Soka Gakkai, jusque dans l'intimité de leur mariage désormais !
Ceci est profondément inadmissible, totalement inacceptable et honteux !
La politique Française se moque littéralement de nous et du peuple parallèlement, en lui mentant sur notre compte !
Notre organisation a une grande capacité d'auto régulation des conflits du fait même de la philosophie bouddhique, de la sagesse et du discernement des aînés généralement. C'est mon point de vue et mon expérience dans l'organisation. Des cas particuliers ne devraient pas servir à souiller toute la structure en en faisant une généralité, si des enfants dans une famille ont réellement été délaissé au profit de la pratique du culte ? Cela n'a rien à voir avec l'enseignement bouddhique de la Soka Gakkai..
De plus des enfants délaissés dans la société, y compris par des politiques qui les ont abandonné à leur sort dans les banlieues, il y en a des dizaines et des dizaines de milliers, leurs parents ne sont pas des membres de la Soka Gakkai !
Rien dans le rapport de la MIVILUDES à ce sujet, bien entendu...
Je vous suggère des interventions auprès des responsables de l'organisation si vous êtes informés de certaines difficultés, cela devrait être votre toute première démarche afin d'enquêter sérieusement sur ce qui se passe et, si des délits ou crimes sont commis, que la justice puisse faire son travail normalement.
Ce n'est pas normal que vous fabriquiez du sectaire de toutes pièces en généralisant comme vous le faites et en stigmatisant toute l'organisation de cette manière.
Quand les histoires de curés pédophiles sont publiées dans les médias, vous ne stigmatisez pas pour autant l'Eglise Catholique dans vos rapports extrêmement partiaux !
Il y à deux poids et deux démesures, ne parlons pas des multiples frasques politiciennes lamentables qui polluent littéralement les médias, de la dévalorisation et des conflits permanents que les politiciens se livrent entre-eux, de la manipulation médiatique de ceux qui se servent de leur mariage et de leur vie privée pour se faire valoir avant les prochaines élections...
Rien dans vos rapports non plus, alors qu'il y aurait très largement de quoi en terme de criminalité et de délits qui portent atteinte à l'ordre public et aux droits fondamentaux des êtres humains et de manipulation des esprits !
De toute évidence, les "experts matrimoniaux" de la MIVILUDES n'ont pas l'apanage de la sagesse et du discernement et encore moins en ce qui concerne ce qui se passe dans le coeur, dans l'esprit et dans la vie des citoyens quant ils choisissent de se marier, parce qu'ils s'aiment, veulent construire une vie en commun, une famille... Ceci fait partie intégrante d'un désir de bonheur et de paix et de la détermination à créer ces valeurs qui sont englobées dans le terme "Kosen Rufu".
Je regrette de devoir vous dire que les politiques irresponsables de la France "d'en Haut" (monde le plus violent qui soit, dixit Jean-François COPE) ont créé tellement de malheur et de mal-être dans le pays qu'il devient complètement impossible de croire que la politique contre les nouveaux mouvements religieux soit une politique sérieuse et honnête, puisqu'elle ne peut qu'être le reflet de toutes les autres, qui poussent le peuple jusqu'à l'écoeurement le plus total du monde politique dans son ensemble, ce qui sera très déterminant aux prochaines élections...
Je tiens à saluer la qualité du travail effectué par l'équipe du CICNS, sans lequel il me paraît difficile de comprendre les perspectives de l'Etat français sur la question des mouvements spirituels contemporains; c'est par le site du CICNS que j'ai été informé de cet e-mail à la MIVILUDES, et c'est également par le biais du même site que j'ai été informé de la lettre de Mr Sébastien Fath. Donc, encore un grand merci à cette équipe.