[1]: Assemblée nationale, Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur les sectes (document n°2468) – président : M. Alain Gest, rapporteur : M. Jacques Guyard, député, documents d’information de l’Assemblée nationale, Paris, 1996. Les citations entre parenthèses dans la suite de cet article se réfèrent aux pages de cette édition du rapport.
[2]: Cf. à ce sujet mon livre : Idee de che uccidono, Jonestown, Waco, Il Tiempo Solare, Pessano (Milan), Mimep-Docete, 1995.Pour plus de détails, cf Stuart A.Wright (éd.), Armageddon in Waco. Critical Perspectives on the Branch Davidian Conflict, Chicago-Londres, University of Chicago Press, 1995.
[3]: Cf. ibid., ainsi que l’ouvrage fondamental du Pr John T.Hall, Gone from the Promised Land, Johnestown in American Cultural History, New Brunswick (New Jersey)-Oxford Transaction Books, 1987.
[4]: Mgr Jean Vernette, Le Foisonnement des sectes aujourd’hui en France et en Europe, in ID. (éd.), Les Sectes et l’Église catholique. Le Document romain, Paris, Cerf, 1986, p.41-71.
[5]: Pour cette distinction, cf. mon Il sacro postomoderno. Chiesa, relativismo e nuova religiosità, Milan, Gribaudi, 1996 ; et « l’évolution du mouvement ‘‘contre le sectes’’ chrétien, 1978-1993 », in Social Compass, vol.42, n°2, juin 1995, p.2374-247.
[6]: Mgr Jean Vernette, op.cit. p.63-65.
[7]: Cf. mon Idee de che uccidono, Jonestown, Waco, Il Tiempo Solare, op.cit. ; et pour l’épisode relatif à Aum Shinri-kyo, Mille e non più mille. Millenarismi e nuove religioni alle soglie Deumila, Milan, Gribaudi, 1995, ou l’édition français revue et augmentée : Les Veilleurs de l’Apocalypse, Paris, Claire Vigne, 1996.
[8]: Lettre politique aux parlementaires, éditée par Guy Sorman, n°664, s.d.,p.5.
[9]: L’Humanité, 11 janvier 1996.
[10]: Jean-Pierre Brard, « Légiférer à froid, interview par Felix Chiocca, Témoignage chrétien, 26 janvier 1996.
[11]: Jacques Trouslard, « Une secte se caractérise par sa nocivité », interview par Felix Chiocca, ibid. Pour la position du père Jacques Trouslard au sujet de l’Opus Dei, cf. Il sacro postomoderno. Chiesa, relativismo e nuova religiosità, op.cit., p.157-177. En mai 1996 – à l’occasion de la parution du livre de Thierry Baffoy, Antoine Delestre et Jean-Paul Sauzet, Les Naufragés de l’Esprit. Des sectes dans l’Église catholique, Paris, Seuil – une campagne a été lancée pour dénoncer également des communautés charismatiques catholiques comme « sectes », ce qui montre – d’après Mgr Jean Vernette – qu’il y a désormais en France « un délire médiatique où l’on tend à amalgamer tous les groupes » (« faut-il condamner tous les mystiques ? », interview par Henri Tincq, Le Monde, 14 mai 1996).
[12]: Étrange entreprise de révisionnisme. « Une relecture falsifiée », in Bulles (Bulletin de liaison pour l’étude des sectes), n°48, 4e trimestre 1995, p.7-13.
[13]: Par exemple, sur la base d’un compte rendu d’une conférence de presse tenue aux Etats-Unis, J.Gordon Melton et moi-même sommes accusés d’avoir injustement reproché aux mouvements anti-sectes de ne pas s’être occupés de l’Ordre du Temple solaire avant la tragédie d’octobre 1994. Or, la référence concernait évidemment les mouvements anti-sectes américains et non les ADFI (dont la documentation sur l’Ordre du Temple solaire – qui, précisons-le en passant n’envisageait pas l’éventualité d’un suicide ou d’un homicide de masse- nous était connue) ; mon étude sur Waco est citée de seconde main, à partir de citations parues dans une revue de la Scientologie française, et résumée de manière caricaturale ; la qualification de « révisionniste » est particulièrement ironique pour Nancy Ammerman, représentante d’un courant baptiste libéral et progressiste sur le plan théologique, dont le seul crime est d’avoir rédigé, sur demande de l’administration Clinton, un rapport sur Waco où – à la différence de ce que soutient le FBI -, elle conclut qu’il n’y a eu aucun suicide dans le drame des Branch Davidians, et que l’incendie du ranch est dû aux moyens d’assauts du FBI, et s’inscrit dans la mauvaise gestion de l’opération par les différentes agences gouvernementales. Les jurés du procès de San Antonio en 1994, contre les rescapés de la tragédie des Branch Davidians, sont parvenus à la même conclusion : sont-ils eux aussi des « révisionnistes » ? La principale imposture de l’article, sur lequel je reviendrai, consiste à laisser croire que les tribunaux américains acceptent les théories du « lavage de cerveau », en se fondant sur une jurisprudence qui prit fin avec le cas Molko (1987) et en ignorant – on ne sait pas si c’est par ignorance ou par mauvaise foi – les développements ultérieurs, de 1987 à 1995.
[14]: La nouvelle a été donnée par le CAN lui-même (Cf. « CAN Forced to Bankruptcy While Seeking Reversal of Civil Case », in Cult Awareness Network News, vol.12, n°10, octobre 1995, p.1). Le communiqué précise que le CAN pourra échapper à la faillite si la décision relative à la « déprogrammation » à laquelle il est mêlé est renvoyée en appel.
[15]: Étrange entreprise de révisionnisme. Une relecture falsifiée, op.cit.p.13.
[16]: « Des sociologues appellent à la prudence. Sectes : attention aux amalgames ! », in Ouest France, 19 janvier 1996. Cf. sur ce point l’œuvre de Jean-François Mayer, Une honteuse exploitation des esprits et des porte-monnaie ? Les polémiques contre l’Armée du salut en Suisse en 1883 et leurs étranges similitudes avec les arguments utilisés aujourd’hui contre les ‘‘nouvelles sectes’’, Fribourg, Les Trois Nornes, 1985.
[17]: Depuis 1996 le CESNUR (Centre d’études sur les nouvelles religions) est un ensemble d’organismes divers qui travaillent de concert et en harmonie entre eux. Au CESNUR, qui a son siège à Foggia (Italie) et qui s’occupe particulièrement des activités en Italie, se sont joints le CESNUR International, qui a son siège à Turin et qui s’occupe des rapports internationaux, le CESNUR France, qui a son siège à Paris, et le CESNUR USA, constitué par un certain nombre de spécialistes américains qui, depuis plusieurs années collaborent aux initiatives internationales du CESNUR.
[18]: M.Introvigne, Les Veilleurs de l’Apocalypse, op.cit.
[19]: Henri Tincq, « Les sectes sous le regard des sociologues », in Le Monde, 9 février 1996.
[20]: François Devinat, « Pour en parler, il faut être contre par principe », in Libération, 9 février 1996.
[21]: Mgr Jean Vernette, « Le rapport au Parlement sur les sectes : des interrogations », in La Croix-L’Évènement, 20 janvier 1996.
[22]: Pierre-Yves Le Priol, « Gare au droit de persécution ! », in La Croix-L’Évènement, 10 février 1996. Le document « L’Église catholique et les sectes » du secrétariat général de la Conférence épiscopale française est apparu sous le titre : « Église et experts contre les idées reçues ».
[23]: « Un rapport sans suite sur les sectes », in Libération, 9 février 1996.
[24]: Sans doute gagné par l’ennui, même les députés les plus hostiles aux « sectes » ont préféré disserter sur l’opportunité ou non d’utiliser le latin dans les débats parlementaires, comme il apparaît dans l’échange qui suit : « M. Hage : […] la formule ‘‘tel principe [sic], telle religion’’… M. Myard : Citez-la en latin ! J’ai utilisé un jour le latin : on m’a traité de pédant. Je ne me risquerai certes pas à récidiver… » (Assemblée nationale, Compte rendu analytique officiel, session ordinaire de 1995-1996, 62e jour de séance, 126e séance, 2e séance du jeudi 8 février 1996, p.19). Et l’ennui semble avoir contaminé également le sténographe de l’Assemblée, qui a fait mentionner au député communiste Brard « l’attentat » perpétré par la secte Moon dans le métro de Tokyo ». Comment imaginer qu’un expert en « sectes » comme Jean-Pierre Brard puisse tomber dans une confusion aussi grossière, confondant le nouveau mouvement japonais Aum Shinri-kyo, accusé de l’attentat de Tokyo, avec l’Église de l’Unification du rév. Moon, qui n’a rien à voir avec ce drame ?
[25]: Ibid.p.2.
[26]: Les archives de la bibliothèque du CESNUR sur les nouveaux mouvements religieux (la plus importante en Europe) contiennent sans aucun doute, de nombreux documents intéressants. Leurs consultations a été offerte à Alain Gest ou à des personnes désignées par lui ; Alain Gest m’avait lui-même répondu par lettre, mais sa lettre n’a été suivie d’aucune visite (alors que cela aurait peut-être évité aux auteurs du rapport des erreurs particulièrement grossières), dans laquelle il remerciait pour l’invitation (lettre d’Alain Gest au CESNUR, du 24 octobre 1995). Nos archives ne contenaient pas, toutefois, la liste des personnes écoutées par la Commission ; comme je l’ai déjà dit, cette liste circulait dans les cercles universitaires français depuis plusieurs jours (et elle avait déjà fait l’objet de commentaires par d’autres chercheurs), et elle a été introduite dans la discussion à la Conférence de presse du 6 février par le Pr Antoine Faivre avec ces mots : « Cette liste n’est pas secrète ». Puisque le 8 février (jour où Alain Gest a prononcé son discours à l’Assemblée) aucun journal n’avait encore parlé de la présence de la liste sur la table de la Conférence de presse du 6 février, on s’interroge sur les « moyens curieux » par lesquels le président Gest a pu apprendre aussi rapidement des détails minutieux sur une réunion privée et réservée aux invités, qui avait lieu deux jours avant.
[27]: En ce qui concerne le cas Molko, l’article anonyme de Bulles (« étrange entreprise de révisionnisme. Une lecture falsifiée », op.ci.,p.10) écrit que « la pétition [attribuée à quelques « auteurs qui ne sont pas neutres » par Bulles, mais en réalité déposée au nom du Conseil d’administration de l’APA] a été rejetée par le tribunal ». L’affirmation est fausse : le mémoire a été retiré pour les raisons indiquée.
[28]: Pour une analyse de la controverse sur le cas Fishman, cf Dick Anthony, Thomas Robbins, « Law, Social Science and the ‘‘Brainwashing’’ Exception to the First Amendment », in Bezhavioral Sciences and the Law, vol.10 (1992), p.5-29.
[29]: J. Gordon Melton, The Modern Anti-Cult Movement in Historical Perspective, Santa Barbara, The Institute for the Study of American Religion, 1995, p.14.
[30]: Jean-François Mayer, Sectes nouvelles : un regard neuf, 2e éd., Paris, Cerf, 1977.
[31]: « L’évêque de Digne prend la défense du Domaine de Caux », in Nice-Matin, 30 Novembre 1994.
[32]:Mgr Gérard Daucourt, Lettre à M. Philippe Séguin, président de l’Assemblée nationale et à MM. Robert Galley, Gérard Menuel, Pierre Micaux, députés de l’Aube, 6 février 1996.
[33]: Mgr Georges Lagrange, Lettre à M. Alain Gest, président de la commission d’enquête sur les sectes, 5 février 1996.
[34]: Cf sur cette question spécifique, Michael York, « Le néo-paganisme et les objection du Wiccan au satanisme », in Jean-Baptiste Martin, Massimo Introvigne (éd.) Le Défi magique. 2. Satanisme, sorcellerie, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1994, p.173-182.
[35]: Déborah (Linda Berg) Davis, avec Bill Davis, The Children of God. The Inside Story, Grand Rapids (Michigan), Zondervan, 1984.
[36]: Cf. sur ce point mon article, « The Children of God and the Family in Italy », in James R.Lewis et J.Gordon Melton (éd.), Sex, Slander and Salvation. Investigating The Family/Children of God, Stanford (Californie), Center of Academic Publications, 1994, p.113-120.
[37]: Cf. mes livres, Le nuove Religioni, Milan, SugarCo, 1989, p.150-151 ; et la Sette cristiane. Dai Testimoni di Geova al reverendo Moon, Milan, Mondadori, 1990, p.107-111.
[38]: Cf. en particulier, les articles réunis dans J. R. Lewis et J. G. Melton (éd.), op.cit.
[39]: Les Mormons, par exemple, ont abandonné la polygamie en 1890 mais n’expriment certainement pas des jugements négatifs sur leurs pères fondateurs qui, avant cette date, l’avaient pratiquée et encouragée pendant presque cinquante ans.
[40]: Cf. Doug Leblanc, « The Worldwide Church of God : Resurrected into Orthodoxy », in Christian Research Journal, vol. 18, n°3, hiver 1996, p.6-7 et 44-45.
[41]: Cf. sur ce point mon livre, Il sacro postomoderno. Chiesa relativismo e nuova religiosità, op.cit., p.194-217.
[42]: En Italie, la Soka Gakkai, est bien connue grâce au soutien de personnalités du sport et du spectacle, parmi lesquels le footballeur, Roberto Baggio et l’actrice de télévision Sabina Guzzanti.
[43]: L’Église française de Scientologie reconnue comme une religion, in Le Soir, 8 mars 1980.
[44]: La déclaration se trouve p.18 de la sentence du 28 octobre 1994 du tribunal de grande instance de Nanterre, n°8401541, Église de Scientologie de Paris, Damiani et Jentzsch c/Interpol, inédit.
[45]: Bryan Wilson, « Scientology : A Secularized Religion ? », in The Social Dimension of Sectarianism. Sects and New Religious Movements in Contemporary Society, Oxford, Clarenden Press, 1990, p.267-288.
[46]: Pour une vue générale, cf Nicole-Jacques Chaquin, Maxime Préaud (sous la direction de), Le débat des sorciers en Europe (XVe-XVIIe siècles), Jérôme Million, Grenoble, 1993.
[47]: Comme s’est arrivé au Canada : cf. le compte rendu de l’adepte en question, fortement marquée par une interprétation démonologique de son aventure et par la tentative évidente de la part des mouvements anti-sectes canadiens de la récupérer : Gabrielle Lavallée, L’Alliance de la brebis. Douze ans de l’enfer d’une secte, Paris, J’ai lu, 1995.
[48]: Le ministère de la Justice a publié dans le Journal Officiel du 5 mars 1996 (p.3409-3411) une Circulaire du 29 février 1996 relative à la lutte contre les atteintes aux personnes et aux biens commises dans le cadre des mouvements à caractère sectaire, qui insiste sur la logique discriminatoire du rapport et joint une liste de mouvements pouvant être qualifiés de sectaires. » Il s’agit des fameux « 172 mouvements » : les critiques des spécialistes et des évêques catholiques ne semblent pas entamé les convictions du ministère.
[49]: La référence au refus opposé au rév. Moon pour entrer en Grande-Bretagne, le 28 octobre 1995, devrait être complétée par la précision que l’instance juridique supérieure, la High Court, a considéré la décision du ministère de l’Intérieur comme étant « illégale pour raison de procédure » (puisque le rév. Moon n’a pas eu la possibilité de présenter sa défense) et « sans effet ». Lorsque la High Court s’est prononcé, le rév. Moon, sur la base du refus du ministère de l’Intérieur, avait déjà annulé la conférence publique qu’il avait organisée en Angleterre.
[50]: Pour les attaques contre la TFP, dont les principales critiques en France appartiennent à ce milieu, il suffit de rappeler les campagnes récentes de la revue sous la bannière, pour ne pas parler d’exemples plus ancien. Pour l’Opus Dei, cf. en particulier Arnaud de Lassus, L’Opus Dei. Textes et documents, Paris, L’Action familiale et scolaire, s.d. ; et Nicolas Dehan, « Un étrange phénomène pastoral : l’Opus Dei », in Jean-Jacques Marziac (sous la direction de), Un grand convertisseur du XXe siècle. Le père François de Paule Vallet, fondateur des pères CPCR, Caussade, Maisons d’exercices spirituels Saint-Joseph, 1995, p.333-361.
[51]: On peut se demander si la liquidation de ces alliés provisoires n’est pas commencée, après la publication du rapport. Une circulaire du 28 février 1996 des Éditions Sainte-Jeanne d’Arc, auxquelles est liée la revue Sous la bannière, parle de perquisitions menées sans pré-avis et avec un style particulièrement agressif de la part des brigades fiscales d’Orléans et de Bourges, « ou RG prétendue fiscale, insinue la circulaire.
[52]: Le 24 décembre 1995, un jour après la découverte du second suicide-homicide de l’Ordre du temple Solaire, les trois quotidiens italiens (Il Corriere della Sera. La Republica et La Stampa) publiaient tous trois des interviews de moi-même.
[53]: Le CESNUR de Turin et le CESNUR USA ont ponctuellement dénoncé les propositions de résolution, tout en notant les différentes positions des divers groupes parlementaires, dans un communiqué émis à Bruxelles le 23 février 1996. Cette action ne semble pas avoir été particulièrement inutile : le 29 février, le Parlement a adopté une résolution faible et générale sur les sectes en Europe, qui apparaît plus modérée que toutes les propositions formulées précédemment.
[54]: Cf. par exemple mon Storia del New Age 1962-1992, Plaisance, Cristianità, 1994, un texte qui a été jugé par d’autres spécialistes catholiques comme étant l’une des dénonciations les plus dures des aspects incompatibles avec la foi chrétienne de tout le courant du New Age.
[55]: Cf. sur ce point la conclusion de Idee che uccidono. Jonestown, Waco, il Tempio Solare, op.cit.
[56]: Cf. sur ce point mon livre, La questione della nuova religiosità, Plaisance, Cristianità, 1993.
[57]: Que ce soit en France ou en Italie, les enquêtes démontrent que si l’on demande aux personnes interrogées de choisir une seule réponse parmi les croyances sur la réincarnation, sur la résurrection ou sur la conviction qu’après la mort il n’y ai plus rien, on peut identifier un noyau de partisans « puristes » de la réincarnation de l’ordre de 4-5% de la population. Mais si l’on permet aux personnes interrogées de répondre qu’ils croient aussi bien dans la réincarnation que dans la résurrection, aux réincarnationnistes « puristes » d’ajoutent les réincarnationnistes « faibles » (ou, peut-être, confus) et le total approche des pourcentages qui dépassent 20%.